Gégé, Gérard, Averel, mon petit Jésus :
Gérard c'est LE CAFE DE LA GARE. Quand il est parti en Grèce (où il est encore souvent car je crois qu'il y a des enfants) c'est RENAUD qui a pris sa place.
De toute l'équipe du CAFE c'est le moins connu de tous et pourtant nous savons très bien que bien des gags de COLUCHE venaient de lui. Il avait (a) beaucoup d'humour, ce que personne ne saurait démentir. Il est toujours au CAFE DE LA GARE et y poursuit sa carrière de comédien. Je l'ai croisé il n'y a pas longtemps et il m'a dit qu'il venait de faire un film comme réalisateur je crois.
Pourquoi : mon petit Jésus ? Nous étions ensemble (en 70) sur un film T.V. de Pierre DESFONDS (le film a été interdit) dans lequel il jouait Jésus. Et comme dans la scène en question nous devions nous croiser, à chaque prise je l'appelais ainsi.
Et Gérard, toujours bien défoncé aussi, finissait, après le spectacle, toutes ses nuits à l'OPEN.

Liz, qui était
autrichienne, et Pascale. Comme beaucoup d'habitués de l'Open One, elles allaient aussi au Rock and Roll Circus, puis à la Bulle, quelques années plus tard
Cliff WAGNER était dans HAIR. C'était un fou magnifique. Il s'est suicidé à VENISE parce que Mick JAGGER, avec qui il était parti et avec qui, paraît-il il aurait eu une histoire, l'a plaqué. Je n'ai aucune preuves. C'est ce qui a été dit.

Un couple dont j'ignore les prénoms. C'est la couverture de PARIS MATCH pour WOOSTOCK. Lui était photographe (je crois même pour MATCH).
Anne BAUDOIN avec Robert SILBERSTEIN, un des deux financiers.
Anne a travaillé chez CASTEL avant de venir à l'OPEN et connaissait beaucoup de monde dans le PARIS by night.
Par exemple (et entre autres), elle était très amie avec Françoise SAGAN. Je me souviens avoir vu Françoise sur le pas de la porte, à genoux devant moi, me suppliant de venir avec elle à SAINT TROPEZ.
Mais, comme à ce moment-là j'étais fou amoureux de Michel, et que je n'étais ni gigolo, ni attiré physiquement par elle, je me suis permis de refuser. (Ce qui a bien amusé Anne).
Anne était peintre. Peintre naïf après avoir été abstrait. Je lui ai organisé (rue des Halles, pendant le trou et juste au début du renouveau de ce quartier) sa première exposition, ce qui, à l'époque, était téméraire, car à part une galerie rue du Dragon, l'art naïf, même à PARIS, restait marginal.
La photo est prise le soir du vernissage.
Anne est une femme très agréable, je dirai même adorable. J'ai, comme avec Christiane, eu beaucoup de plaisir, de joies d'être son ami.
Elle est dans une galerie à PARIS.
Michel ! Michel DUCROQ (que certains : Marie-Ange, Florence, la femme de Yan DEDET, le monteur de TRUFFAUT, avec qui il est parti en Grèce,
appelaient Georges) c'est plus qu'une histoire, plus qu'un livre : c'est un roman !.
Michel, je l'ai connu chez François ABOUT (chef opérateur de GARREL sur LA CICATRICE INTERIEURE et d'autres, de MALLE, ROUCH, REICHENBACH ... et chez qui j'habitais avant et au début de L'OPEN, encore quelqu'un d'extraordinaire qui maintenant ne fait plus que du porno gay).
Michel venait de faire A QUELQUES JOURS PRES d'Yves CIAMPI.
Il était d'une beauté a couper le souffle (j'ai toujours dit qu'avec Mike BRANDT, que NICOLETTA
emmenait souvent à L'OPEN, il n'était pas encore connu et Nicole a toujours sû s'entourer des plus beaux mecs, Michel était le plus bel homme que
j'ai jamais vu de ma vie ), d'un charisme exceptionnel, d'un talent incontestable, tant dans l'écriture, dans son jeu d'acteur, de chanteur, de compositeur, et d'une intelligence extraordinaire. Il a été élevé sur les genoux d'Albert CAMUS (voisin de
palier dans le 15ème où ils habitaient), a été un des plus brillant élève du PETIT CONSERVATOIRE de MIREILLE (son mari l'avait pris en affection, un peu comme le père que Michel n'avait pas eu et qu'il recherchait, y compris avec moi), le copain de Françoise HARDY, de Vanina MICHEL (HAIR) de Christiane aussi, mais avec elle cette relation ne me dérangeait pas : au contraire, nous formions un couple à trois, nous nous le "partageions".
Il a été mon ami, mon amant (relation très conflictuelle car il n'était pas très à l'aise avec son homosexualité et nous en souffrions tous les deux) et mon maître : il m'a appris à voir la vie sous un autre angle que celui qu'on m'avait inculqué. Je lui dois beaucoup. Par exemple, je crois que sans lui, je n'aurais pas eu l'ouverture d'esprit qui m'a permis de vivre L'OPEN.
Je sais que Michel avait une fille qu'il allait voir de temps en temps (en Vendée ?, en Dordogne ?). Quand L'OPEN a fermé il était en prison (bagarre avec un flic, et certainement de la dope sur lui car il s'était laissé embarquer là-dedans jusqu'au
shoot). Moi j'étais parti dans une autre vie (Jean Pierre COFFE) et quand il est sorti, j'ai essayé de l'aider, de le loger chez un ami, mais ... Il a replongé. Il devait faire un film (j'étais alors dans le cabinet de relations publiques de COFFE qui s'occupait aussi de cinéma)
avec Georges MOUSTAKI (qui venait aussi à L'OPEN) et Eva SWAN.
Trois mois après sa libération, on l'a retrouvé sur une voie ferrée, le corps sectionné en deux, la tête d'un côté, les jambes de l'autre : "Il a attendu et entendu le train qui l'a tué". Il était à jeun. Il s'est vraiment suicidé. A 25 ans.
Je me suis toujours et encore senti responsable, même si je sais que je n'y suis pour rien. Mais c'était Michel. Et je l'aime.
Je suis allé voir sa mère qui était elle aussi d'une grande beauté. Mais c'est devenu très vite insupportable : elle me prenait par les cheveux, me les tirait et m'appelait Michel. J'ai dû cesser de la voir car la situation était trop douloureuse pour nous deux. Nous nous faisions du mal mutuellement.
Je vis avec ce souvenir comme un fardeau. Malgré les bons moments.
J'ai toutes ses photos (il était aussi mannequin chez Catherine HARLE), ses lettres de prison, ses poèmes.
J'aimerai (je l'ai promis à sa mère et ce serait bien pour sa fille) qu'on en parle.
Et moi, cela me fait du bien d'en parler aussi.
C'est un peu long. C'est pour Lui, pour sa mémoire. Mais peut-être l'as-tu connu aussi car il fréquentait la Mouffe et grattait la guitare partout où il le pouvait. Je me rappelle mes nuits à l'écouter :" I am melancoly man ..."
Votre serviteur, au petit matin, sortie de L'OPEN, photo prise par François ABOUT

This is the end, beautiful friend...
Gérard MENIGOU est décédé en août 2012.
Et à la place de l'Open One, il y a le théâtre du Vieux Colombier.
L'OPEN ONE
