LES PANOYAUX  
PRINTEMPS 1983, PREMIER SOUND PARISIEN VISIBLE 

Par Didier "Ras Gugus" Vacassin

      Le sound rue des Panoyaux, il n’avait pas de nom. On disait simplement : "Les Panoyaux". Ils s’en souviennent, ceux qui y sont venus. Ça n’a pas duré très longtemps, hélas. Mais l’endroit était idéal. On n’en a pas connu de meilleur depuis. Il y a toujours eu des problèmes de salle à Paris, mais là, pour une fois, et tout à fait par hasard, on était tombés sur un endroit presque parfait. Une insoupçonnable chapelle désaffectée, reconvertie en salle d’activités par une association de quartier. Avec une cour sur le devant, un terrain nu derrière, un petit local sur le coté, bref : de l’espace, permettant de circuler, d’être à l’air libre, d’aller bavarder plus loin, à l’écart de la musique… On ignorait encore que le lieu était promis à la démolition dans les deux ou trois années suivantes.  

       Bien sûr, des "sounds", il y en avait à Paris… Du moins, c’est ce qui était de temps en temps annoncé, de façon tout à fait underground, informelle, quasi confidentielle, et pas toujours fiable, pour le moins. Je me souviens de certaines annonces du coté de la Gare du Nord.  Ou dans les squats, rue de Flandre notamment. Trente personnes à tout casser, dubitatives et pleines de bonne volonté, autour d’une chaîne hi-fi et de quelques bougies dans un sous-sol obscur essayant d’être convaincues par les formules en rasta-yaourt d’un toasteur novice. Ça tenait plus de la messe noire dans les catacombes au temps des premiers chrétiens que de la franche éclat’, faut bien l’ dire. D’autant qu’une fois sur deux, le truc était annulé, on trouvait porte close. Les charmes de l’aléatoire. Epoque 1981-82.

      Il n’y avait rien en c’ temps là, ou pas grand-chose, concernant le reggae. Si : des groupes. Il s’en formait régulièrement, des groupes. A Paris, en province. C’était l’après-Marley (mort en Mai 81). La critique passait son temps à se demander qui allait prendre la succession du grand Bob, quel allait  être le nouveau roi, le remplaçant, la nouvelle grande figure emblématique, aubaine pour journaliste paresseux. Une bonne part des manifestations de la scène reggae parisienne se faisait sous la forme : "Hommage à Bob Marley", mélange de militantisme vague et d’auto affirmation artistique. Avec l’avènement de la Gauche au pouvoir, les radios libres trouvaient enfin droit de cité. Radio Ivre  consacrait une bonne vingtaine d’heures par semaine de ses programmes au reggae, en en montrant toute la diversité, en passant des pressages jamaïcains, en déplaçant l’éclairage sur les producteurs (Lee Perry, Augustus Pablo), ou les studios d’enregistrement… "Radio Ivre", que les Jamaïcains de passage à Paris prononçaient : "Radio Irie". (Ça a laissé des traces… là-bas, puisque, comme on sait, Radio Irie existe depuis une dizaine d’années en Jamaïque.) Début juin 1982, succédant à Concrete Jungle, première boutique ( historique !) à Paris uniquement consacrée au reggae, s’ouvre  dans le XVII°, Blue Moon.  Coté presse, aucun magazine en France n’était spécialisé "reggae", rappelons le. Le paysage a tellement changé depuis quinze ans, qu’on a oublié tout ça. Pour nous maintenir la tête au-dessus de l’eau, il y avait les articles d’Hélène Lee dans Rock & Folk et Libé, les reportages de Dordor et les échos de Blum dans Best. Quant au reste (livres, magazines, journaux), il fallait plutôt  aller fouiner du côté de Londres ou d’Amsterdam.  

       Durablement impressionné, voire un tantinet obsédé, par les sounds que j’avais… vus, et que je continuais régulièrement à aller voir, à Londres depuis le printemps 1980, le projet de tenter quelque chose sur Paris commença à sérieusement me tenailler. Aux beaux jours de 1982, j’entre en contact avec un certain Camille, Haïtien, responsable d’un endroit qui avait dû être un centre culturel pour l’Outre-mer ou peut-être une ex-ambassade désaffectée, situé au 8 rue Bossuet, derrière la gare du Nord. L’endroit n’était pas immense, mais… original. (Une grande fresque murale représentant un paysage tropical, palmiers, végétation luxuriante occupait tout le fond de la salle principale.) Avec Camille et d’autres, notamment Guillaume (Radio Ivre) nous y fîmes quelques tentatives, plutôt sympas (la soirée du 1er Mai 1982 qui rassembla une centaine de personnes, sono de 400 watts, Guillaume en animateur/toasteur, fut encourageante), mais pas totalement satisfaisantes. Et puis, très vite, d’obscures galères compliquèrent les choses, hélas. Des embrouilles, comme on dit aujourd’hui. Et il fallut laisser tomber. J’y avais  pourtant inlassablement cru, de Mai à Septembre quasi quotidiennement, sans relâche. Tout le boulot consistait à mettre en relation, à réunir un maximum de compétences, à tous niveaux. Je me souviens avoir mis sur le coup Patrick (Leygonie, de Radio Ivre) qui nous y rejoignit un après-midi pour voir un peu la gueule de l’endroit. Il fut convaincu… du projet, et nous prodigua… ses encouragements. (Ce qui était déjà beaucoup, l’attitude généralement rencontrée étant plutôt le scepticisme, pour ne pas dire plus.) 

     Un sound de qualité à Paris, pas trop amateur, sérieux sans être trop serious, qui ait régulièrement lieu, et dans un endroit roots sans être glauque, c’était dans la tête, c’était le désir de pas mal de gens. Mais pas tant que ça en avaient eu l’expérience directe si ce n’est, peut-être, durant l’été 82, à l’occasion de quelques dates du sound anglais Armagedeon en France. C’est à cette période, fin 82, que sortent pour la première fois sur disque des enregistrements live de sounds en Jamaïque. ("Aces International" produit par Junjo, "Gemini : Live at Skateland", Yellowman : "Live at Aces".) Tout début 1983, Blue Moon fit venir au Palace pour deux (mémorables) soirs Coxsone Sound, le légendaire sound-system d’outre-Manche. Ce fut à peu près tout, à l’époque. Les gens de Ivre, et ceux de Blue Moon (Jean Cotton publie à ce moment là un article sur les deejays dans Jazz Hot) caressaient l’idée de faire quelque chose dans ce sens. Les mois précédents, leurs tentatives d’approche avec notamment l’Opéra Night, boîte plutôt chic et branchée sur les boulevards, n’avaient eu aucune suite. Pour les propriétaires de boîte (j’en fis également l’expérience avec, entre autres, le Gibus) dès que le mot "reggae" était prononcé, la réaction était invariable : drogue, problèmes, public incontrôlable, emmerdes avec la police, etc. C’était encore un public, un monde, que les établissements ne connaissaient pas, qu’ils ne maîtrisaient pas, et à propos desquels se véhiculaient pas mal de fantasmes. Les Noirs, les Antillais, les Africains… Les marginaux. Les anars. Que des fouteurs de merde… Ils vont essayer d’entrer sans payer, ils vont fumer… Pour le commun, "reggae" restait invariablement synonyme  de : "Bob Marley" d’abord ; tout de suite accolé à:  "fumette". (L’euphémisme qui  dissimule le spliff.) Alors exit les boites. Mauvaise piste. On ne ferait rien de ce côté là. Les temps n’étaient pas mûrs. Restaient les M.J.C. Mais là, c’étaient les horaires  qui  ne collaient pas. Il fallait avoir tout rangé à minuit. Sans parler de la puissance du son que  ces Maisons de Jeunes ne pouvaient accepter. Bref, les difficultés étaient nombreuses. Et le truc n’avait pas encore d’image. La… culture sound-system était –on peut le dire- quasi inconnue. Faire des soirées sans vedette, sans artiste, ça déboussolait pas mal de gens. Ça n’avait jamais encore été fait. (Lorsque  nous commençâmes les Panoyaux, Libé, malgré mes explications réitérées à Conrath, s'obstina les premières fois à annoncer "des groupes". Très agaçant. C'était ça, essuyer les plâtres...)  

        Nous tombâmes sur la salle... du 20 rue des Panoyaux (dans le XX°) grâce à Bébenne, de Radio Berbère/Radio-Afrique, radio libre à deux têtes, née à l'été 82 des regroupements nécessaires à la reconnaissance par le ministère de la Communication. La publicité n'étant pas encore autorisée, les radios associatives se finançaient régulièrement en organisant des spectacles. C'est dans ce cadre qu'avec Papa Ange, nous convainquîmes la radio de financer les quelques travaux d'amélioration indispensables. Essentiellement ce qui concernait l'alimentation, plus qu'insuffisante en l'état pour ce que nous voulions faire. Dans mon esprit, il était impératif d'avoir un son digne de ce nom, en volume et qualité. Nous tirâmes de longs câbles que nous avait vendus la R.A.T.P. Puissance potentielle: 6000 watts. Nous n'en utilisâmes que 2000. Ce qui ne fut pas toujours du goût de tout le monde dans le quartier, sans toutefois qu'il y eut jamais d'insurmontables problèmes de voisinage. Ni de descentes de flics, d'ailleurs. (Il est vrai que toutes les précautions... diplomatiques avaient été prises.) Autre exigence: un minimum de brassage... hum... sociologique. Les habitués des foyers africains, les rastas des squats, les branchés-passionnés, par définition toujours en éveil, les transfuges punks, les gens des radios libres, naturellement la pépinière musicos, et un public plus large se côtoyèrent harmonieusement aux Panoyaux. Jamais il n'y eut le moindre incident les cinq mois que durèrent ces Reggae Party. Pour toucher ce public diversifié on fit à chaque fois des distributions de tracts (on ne disait pas flyers en c' temps là, c'est avec la déferlante techno des années 90 qu'on se mettra à parler comme ça). On placarda de petites affiches un peu partout dans le quartier. Surtout on s'appuyait sur les annonces à l'antenne de Radio Afrique où, à partir de l'automne 82, Papa Ange et moi animons chacun une émission de reggae. Les autres radios libres furent contactées au moyen d’invits, et parfois grâce à des contacts directs, persos. ( A Radio Ivre : Guillaume et Burny ; à Gilda : l’ami Thialy Thian. Et plus généralement toutes les stations de la bande F.M. susceptibles d’être intéressées.  So on.) Ce relais des fréquences, la presse musicale aussi, devaient dans notre esprit nous assurer à la fois l’audience et la caution d’un minimum de sérieux. Mais la sauce… médiatique ne prit jamais complètement. Essentiellement, on peut le dire avec le recul, parce que nous n’avions ni image constituée, prête à l’emploi, ni "vedette", ni nom à mettre en avant, ce qui me semblait prématuré. Simplement sur les affiches cette accroche : "Reggae Party Sound-system". Nous n’étions pas un posse, le matos était loué, on ne sillonnait pas le territoire avec un imposant camion de déménagement. Bref : pas question de faire dans le mimétisme jamaïcain ou anglais. D’autant moins d’étendard qu’il n’y avait en ces temps héroïques absolument aucune concurrence. La question ne se posait même pas. Ceci explique cela. Le bouche à oreilles en tout cas nous assura une moyenne de 250/300 entrées à chaque fois. Davantage de monde aurait confiné à la saturation, et ça serait devenu autre chose. Qu’on ne souhaitait pas forcément. On avait la place dans la chapelle pour skanker à l’aise sans trop se bousculer, on pouvait aller prendre l’air à tout moment, ou discuter plus loin, parler…bizness. (Ça parlait beaucoup business et projets, plans, puisque tout était à faire, tout était à inventer…) Dans le petit bâtiment sur le coté se tenaient divers stands ital food, boissons et autres. On avait même un vendeur ambulant (Man called Mood…)  

Affiches par Ange PIERAGGI

    Il y eut cinq éditions de ces… "Reggae Party". (Ainsi les avions-nous baptisées, un morceau d’Eek-a-Mouse portait ce titre). Elles eurent lieu les 19 Février, 26 Mars, 30 Avril, 28 Mai, et 9 Juillet 1983. Ça durait…"de 22h à l’aube". Une fois par mois. Ce qui nous importait surtout, c’était d’abord la permanence du lieu, son identification immédiate à notre sound et, point essentiel, la régularité du truc. Qu’on sache que tous les mois il y avait le sound. Pour fidéliser les mordus de l’underground reggae à Paris. Instaurer un rituel, plutôt que de rester tributaire des sempiternels aléas, bricolages, impondérables. Bien entendu, tarif d’entrée modique (35 balles…), c’était justement pas le trip "boîte de nuit".  

      Puissance de son confortable, disposition bien répartie des baffles (châteaux en steps trois voies : basse, médium, aigus séparés), retours, équalizeurs à 27 bandes, chambre d’écho… Un synar aussi, ce truc qu’on entendait surtout sur les maxis de chez Joe Gibbs. L’ensemble du… desk ( platines disque, table de mixage, micros, sélecteur, bref : la control tower) était installé en hauteur, le dee-jay s’adressant aux gens du haut d’une espèce d’avancée en balcon.  On y accédait par un escalier en colimaçon. Heureusement, une porte en bas empêchait d’être envahis, car très vite tout le monde voulu y grimper. ( On tenait à dix-douze maxi là-haut…)  

     Et les dee-jays, me direz-vous. Question cruciale. Ça ne courait pas les rues en c’ temps là, les dee-jays. (Je ne parle pas des bons: il n’y en avait pas.) Dans notre beau pays de France, le toasting n’existait pas encore, children. Ne parlons même pas du rap. (Chez nous, c’était encore la folie smurf à ce moment là : survêt’ Adidas, casquette à visière sur le coté, et ghetto-blaster esplanade du Trocadéro. Sydney, tous les dimanches après-midi à la télé, organisait des concours de break dance.) Malgré tout, sur Ivre (qui viendra féconder Nova à l’été 83) il arrivait à quelques animateurs de toaster live sur la partie extended des maxis. Sans forcément se prendre au sérieux.  


I Man Dread et General Burning at the controls

   Guillaume (alias: I Man Dread)) et Burny (aka : General Burning ou Prince Burny), deux permanents de Ivre, inaugurèrent notre formule, une nuit de Février 83. Ils faisaient surtout des reprises. En forme d’hommage aux U Brown, Lone Ranger, Michigan & Smiley, Jah Woosh, General Echo… Et surtout Yellowman pour qui 1982 fut la… rising year en Jamaïque. Mais dès qu’ils se mirent à balancer -toujours sur le même riddim- des toasts en français, ce furent les sifflets, les huées, les protestations qui montaient de la salle. L’ambiance, lors de  cette première, était assez particulière, indécise durant les toasts… ( parce que c’étaient deux Blancs ? Y’avait un peu de ça…), puis à nouveau chaleureuse, enthousiaste dès qu’on calmait le jeu avec un maxi de Bunny Wailer, de Mikey Dread ou de Tony Tuff. Au fil des heures, et une bonne partie de la nuit, de façon régulière, les gens arrivaient, les vibes circulaient. Patrick (Leygonie, from Ivre), beau joueur vint me saluer : « C’est bien, me dit-il, t’es un mec tenace. » (Ça reste, après toutes ces années, mon bâton de maréchal. )   

    Peu à peu, au fil des mois, se pointèrent d’autres candidats tchatcheurs. C’était dans l’air, tout le monde voulait tenir le micro. Ça se multipliait comme des champignons après la pluie. Citons Papa Daniel, un des premiers, un Antillais. Il y eut une fois deux Jamaïcaines, amies de Guillaume, et en combination avec ce dernier, tinrent une bonne partie de la nuit… Et puis, assez vite, "crédibilité" oblige, on  réactiva nos contacts du squat de la rue de Flandre, notamment, avec les Ti’M, Iro, Jah Can, et consorts. I Jah Man (rasta parisien, sans rapport avec l’auteur de "Are we a warrior") était là aussi, comme Zoumi, Killer… Je n’offenserais personne en disant qu’aucun ne produisit à ce moment-là un effet marquant. Chacun faisait son truc sans nuire aux autres. Les  inévitables moments de tension finissaient par se résorber avec le passage opportun d’un joint amical… C’est "aux Panoyaux" que débutèrent Daddy Yod et le tout jeune Jacky (futur Super John). "Papa Jean" (from Blue Moon), vite sollicité mais resté prudent, finit par reconnaître qu’il était en train de se passer quelque chose sur Paris. A notre  troisième… heu : édition, il apporta ses sélections (derniers arrivages des marées londoniennes) et resta scotché au control facile trois heures, spliff  au bec, les deux mains rivées aux potards. Malgré les inévitables critiques, le virus commençait à prendre sérieux… On eut la visite de Satta Blue (DJ exerçant aux Etats Unis), qui resta spectateur, peut-être interloqué par ce sympathique foutoir. Une fois, un Jamaïcain surgit d’on ne sait où, ne parlant à personne, et  qu’apparemment personne autour de nous ne connaissait, s’accapara le mic et ne voulut plus le lâcher. Quelque peu agressif, au comportement vaguement inquiétant, il était aussi bon, ni pire ni meilleur que les rastas parisiens, alors on laissa faire. Aux débuts, ça frôlait la foire d’empoigne pour avoir un peu le micro. (Un des deux.) En retrait des platines, quelques chaises où les musiciens d’Adioa, tout en triant les graines sur une pochette de maxi, discutaient progression de telle ou telle ligne de basse… En bas, dehors, sur le  terrain derrière, on sortait prendre l’air… Des petits groupes discutaient dans la nuit, prenaient des contacts… Il flottait comme une sorte d’effervescence, de concentré d’excitation non démonstrative, de foi dans ce qui semblait s’annoncer possible, qu’à n’en pas douter ont ressenti tous ceux qui étaient là.  


Sound system du 9 juillet 1983 :
De gauche à droite : Ras Gugus, Super John, Zoumi (au second plan),
 Daddy Yod (chapeau).(Collection D.Vacassin)

     Les gens annoncés au programme étaient payés. Question de principe. Les sommes n’étaient pas mirobolantes mais, en ces temps encore d’amateurisme, j’estimais qu’il fallait être pris au sérieux par tous ceux avec lesquels nous travaillions. Bref, en tous points, il n’est pas exagéré de dire que nous nous sommes efforcés d’être clean.

      Point de vue artistique, question qualité des prestations, évidemment tout cela était plutôt embryonnaire. Les gens se lançaient. On ne peut pas dire que les enregistrements de ces soirées passeraient la barrière du disque, mais pour la plupart de ceux qui assistèrent à ces cinq éditions, le pli était pris. Et lorsque la responsable de la salle nous demanda de changer les horaires de nos Reggae Party, nous signifiant qu’il n’était plus possible de disposer du lieu la nuit, nous dûmes abandonner. D’autres, je me suis laissé dire, vinrent l’occuper un temps par la suite. Puis, un peu avant la démolition (eh oui, l’endroit n’existe plus) l’équipe du film "Black Micmac" y tourna quelques scènes.  


General Burning (Prince Burny) et Papa Daniel at the mike. 
Dans le fond, Ras Gugus lit sa Bible ! (photo : Marie Vanetveelde)

     Courant Octobre 83, je me remis à chercher une salle. Sûrement avec une motivation moindre. A Montreuil, métro "Robespierre", une boite acceptait des sounds. Ça voulait dire que la greffe prenait, qu’on n’allait pas retourner dans les caves et les sous-sols. Par ailleurs l’ami Peers, qui possédait un local dans les frigos du Quai de la Gare et son propre matos… voulut jouer la carte "sound", et me demanda de m’occuper de la promo de ses soirées. Avec Dread Lions Sound System. (Ti Em’, Judas…) Ce que je fis, deux fois seulement. Puis il me fallut passer à autre chose. 

    Les années suivantes virent naître Youthman Unity (84 ?), Kwamé N’Kruma Sound System (86 ?), etc… Le semi-underground du reggae à Paris dura encore quelques années. Jusqu’aux premiers 45 tours de reggae français, soit : Pablo Master (« En A en I En O ») et Super John (« Inventeur ») vers 1986-87 (écoutez-les).

                                                                                                    D. V.

                                                                                                                            Mars 2006


Marie Vaneetvelde

Un petit extrait sonore : I Man Dread, General Burning, Jah Mick, Puppa Daniel sur le "Shank I Sheck riddim" (Sista Verna) - SOYEZ INDULGENTS !

Se sont également produits aux Panoyaux : Militant Observer (Iro, Ricko Dan, Ras Juda, Djiwé) qui animaient l'émission 
"Get up stand up" sur Frequence libre d'abord le samedi après midi puis la nuit du mercredi.

PLUS DE PHOTOS DES PANOYAUX

  BELLEVILLE SOUND SYSTEM (RED BULL MUSIC ACADEMY)

BELLEVILLE SOUND SYSTEM (paru dans le magazine "Spray")

  LE PARIS REGGAE POSSE