LE PARIS REGGAE POSSE  

LES PIONNIERS : José JOURDAIN et son frère Alain (Blue Heaven, Concrete Jungle), avec  ABLAYE - Hélène LEE , qui a écrit plusieurs livres sur le reggae - PHILIPPE - AZIZ - HERMANN de METAL URBAIN - DIDI - MARIE - DAMBALA, une des premières communautés Rasta à Paris qui est devenue la FAMILLE JAH au Bénin - COUSCOUS (TIME Music, rue Grégoire de Tours 79-82) - Jacky KNAFO

Les TROP'IVRE (de Radio Ivre, la station qui passait le plus de Reggae entre 78 et 82) : Patrick LEYGONIE aka Patrick REGGAE aka Patrick IRIE - Papa GIDEON - General BURNING - Jean COTTON - Jean-Bernard SOHIEZ, qui a fait de nombreuses photos sur le Reggae - FANNY et MARIE de Blue Moon - GUILLAUME 'I MAN DREAD' - Frédéric 'Wicked and Wild' VOISIN et LUC (Le Front du Froid) - HERMANN ("Spoo-dee-o-dee" et "Tribulations"), BB GIVAUDAN (pour "Ska-Twist")- GENEVIEVE (Angel in the morning)- Franck BOISNAIS -
Ras PAUL & ZION GANG avec qui je fis une tournée au Portugal en 82, en tant que DJ / toaster, sous le nom de General Burning - FLUOMAN, le peintre Rasta de Chartres qui a réalisé une fresque au studio Tuff Gong de Kingston - Philippe GARNIER (Rock'n'Folk) - Bernard LOUPIAS (le Matin de Paris puis le Nouvel Obs) - Francis DORDOR (Best puis les Inrockuptibles) -

Les groupes et musiciens reggae : SAVANE (Cheikh, Junior), devenu RMI - YAYA AND THINK - WATCH'DA  avec Joseph - Yovo M’BOUEKE -  Christian MOORE - NEG'SOWETO avec I JAH MAN, JUDAH, FEL-I, JAH CAN - MUSHAPATA ("Châtelet les Halles") - NO SMOKE, Responsable du studio ADDIS POSSE  - 


PRINCESS ERIKA et ses soeurs Esther et Eva, ainsi que mon amie Céline du Cameroun, firent parti du premier groupe de reggae entièrement feminin de Paris, BLACK HEART DAUGHTERS (un concert avec Identity à Limeil)

RAS DIDIER (du Sénégal) - MURIEL (qui organisait des Reggae Parties en 80-81 à Draveil) - FELIX et MALIKA du Centre Bossuet - 
Le Panoyaux Posse : Didier VACASSIN (Ras GUGUS) , Natty MARIE, Papa ANGE Pieraggi (dentiste dans le civil), Sister PASCALE - 
Bruno BLUM (Best, puis Rock'n'Folk) - Jean-Jacques DUFAYET (rubrique 'Iles' dans Rock'n'Folk) - LIONEL ROTCAGE (le fils de Régine) - Christian PERROT, qui écrivit sur le Reggae dans Libé, puis dans Actuel.
SIMON (SIMMS Productions) - GARANCE (Salomon) - Pascal SOALHAT (I and I Music) - Daniel MEYNARD (Reggaematic) - Olivier ALBOT, un des plus grands collectionneurs de disques Reggae - Florent DROGUET et ISABELLE - Fabrice alias FRENCHIE et son frère Laurent - Lord ZELJKO - Puppa ERIC -

La Negril Connection : Martine SIMONET et sa soeur Fanette, Eliane, Justine et Nigel, Evelyne & Roselyne PETIT - Jacqueline DUCLAUD - Carole AYAYI, que j'ai rencontrée à Kingston avec NAMBO ROBINSON et que j'ai revue à Paris

 

Le Reggae a commencé en France de manière plutôt anecdotique à la fin des années 60 à travers les hits anglais de Desmond DEKKER ('Israelites'), Johnny NASH ('Hold me tight', 'I can see clearly now'), ou de Jimmy CLIFF (que j'ai vu en 1966 à l'Alhambra alors qu'il chantait du Soul !). Auparavant, il y avait eu le Ska et le Blue Beat, avec Millie ('My boy Lollipop') ou Prince BUSTER ('Al Capone') qui animaient mes premières boums vers 1965. Mais presque personne ici à l'époque ne connaissait les véritables trésors Rock Steady des labels 'Studio One' ou 'Treasure Isle' qu'on a découverts bien plus tard. Il faut dire qu'au début des 70s, le reggae n'avait pas très bonne réputation car c'était aussi la musique qu'écoutaient les Skinheads anglais, qui cassaient la gueule aux Hippies et aux Pakistanais !


Une poésie immense se dégage de ces 45 t qui datent d'une époque où le reggae n'était pas encore devenu un phénomène et n'était écouté que par les Jamaïcains et quelques Anglais,  pour la plupart des Mods ou des Skinheads. Ces artistes ou chansons sont devenus par la suite des classiques. D'autres 45 t sur dancecrasher.co.uk ou downbeat-special.co.uk  

A lire : 

jeremiekroubo.wix.com/jeremiekroubodagnini -- jeremiekroubodagnini.tumblr.com/

C'est vers 73 que le Reggae commença à devenir réellement populaire en France. D'abord avec le magasin de disques imports 'GIVAUDAN', boulevard St Germain, qui mettait en devanture les premiers albums aux couvertures ahurissantes de U ROY, BIG YOUTH, ou le triple album de COUNT OSSIE and the MYSTIC REVELATION OF RASTAFARI, 'Grounation'. En même temps, en Angleterre, commençait l'explosion MARLEY, TOOTS and the MAYTALS, etc... La très bonne reprise d''I shot the Sheriff' par Eric CLAPTON y fut sûrement pour beaucoup. Philippe GARNIER fut le premier dans 'Rock & Folk' à écrire des articles sur la musique jamaïcaine dans lesquels il expliquait les ghettos de Kingston, la mystique Rastafarienne, les WAILERS, etc..



Moi en Guadeloupe en 1973, avec déjà les dreadlocks ! Un groupe de Dominicains, les Gramacks, jouait du reggae sur la plage.

En 1975, ce fut l'émission 'Bananas' de Patrice BLANC-FRANCART et Bernard 'Inrock' LENOIR sur France-Inter, consacrée aux musiques tropicales et qui ouvrait les antennes de façon régulière au Reggae. C'est à ce moment, et avec la sortie de 'Natty Dread', que commença la consécration de cette musique en France. Le premier concert de Reggae à Paris fut celui du groupe 'CIMARRONS' au théâtre Campagne Première.
En 1976, sortit le film culte 'The Harder they come' ('Tout, tout de suite'), avec Jimmy CLIFF, qui avait été réalisé 4 ans plus tôt en Jamaïque par Perry HENZEL et qui racontait les tribulations d'Ivan, qui voulait devenir chanteur de Reggae.

Francis Dordor écrivit aussi de très beaux articles sur la culture jamaïcaine dans 'Best'. En 77, ce fut le premier concert de Bob Marley et des Wailers à Paris. A cette occasion, ils disputèrent un match de football amical avec des journalistes rock et des membres du rock biz parisien, dans un stade en face du Hilton où ils séjournaient. Pendant ce match, Bob se blessa le pied, et le médecin qui l'examina diagnostiqua le mélanome dont il souffrait. Voir le compte-rendu du match par Philippe Manoeuvre dans "Rock & Folk"


Bob Marley, Philippe Paringaux, Jean-Louis Lamaison

Les concerts de reggae se succédèrent :  Dillinger, Culture au Palace, puis U Roy, Hugh Mundell, les Gladiators, Burning Spear... Une bonne partie de ces concerts fut organisée par Simon (Simms Productions). Malgré une organisation parfois cahotique, ce fut souvent lui qui prit le risque de faire venir à Paris pour la première fois des artistes Reggae : je me souviens en particulier des concerts magiques de Freddie McGregor et des Abyssinians à la Mutualité, en 86 et 88, et de bien d'autres : Mighty Diamonds, Big Youth, Sugar Minott, ..

En 77, l'année du "choc des deux 7" ("Two Sevens Clash", l'album mythique de Culture dont j'ai encore la version vinyl de chez Joe Gibbs qui pèse un kilo), il y eut une vraie solidarité entre les Punks et les Rastas, qui étaient aussi en révolte contre 'Babylone'. Les punks écoutaient beaucoup de reggae, en particulier Tapper Zukie et Dillinger. Mais, au delà de cet esprit commun de révolte, les deux philosophies n'étaient pas vraiment compatibles, l'une étant plutôt nihiliste et "destroy" et l'autre positive et 'Ital'. 

En 79, de retour de Kingston, Hélène Lee (devenue Lee après son mariage avec un Rasta de Negril, Joseph Lee) écrivit une série d'articles dans Libé qui donnaient un très bon aperçu de la scène Reggae dans l'île.

La même année, José Jourdain, un ancien de "Lido Musique" et son frère Alain ouvrirent la première boutique spécialisée dans le Reggae à Paris : elle s'appelait 'Blue Heaven' (elle avait en fait ouvert ses portes en 1976), et se trouvait dans un endroit pas très 'Roots' : la Galerie Point Show des Champs Elysées !

On y trouvait des singles et des Maxis fabuleux 'direct from Jamaica'. Ablaye était vendeur, ainsi qu'Hermann du groupe punk Métal Urbain. C'est là que se retrouvaient les premiers fans parmi lesquels Fluoman et sa copine blonde dreadlockée, Didi, Aziz, Philippe, Bernard Loupias (qui travaillait au Matin de Paris avant d'être au Nouvel Observateur), Patrick Leygonie, General Burning, et un grand rouquin barbu dont j'ai oublié le nom. Par la suite, José migra rue Chapon, près de Beaubourg, et la boutique s'appela alors 'Concrete Jungle', puis elle fut reprise par Didi et Christian Simon sous le nom de 'Zion Land'. Entre 77 et 80 José fit tourner :Culture, Ras Michael, Hugh Mundell, Ras Midas, Congos, Dillinger. Il fonda également le label "Jah Live" et sortit des albums des Congos, Niney, Ras Midas, etc.. José s'est occupé ensuite de "Joe Gibbs Europe"


José Jourdain et Cedric Myton (Congoes) au concert de Bob au Bourget en 198O 

En 1980, eut lieu le concert historique de Bob Marley au Bourget qui attira au moins 50.000 spectateurs (plus que le Pape !). Je n'y étais pas, mais je suis allé à la party qui a suivi, organisée par Chris Blackwell et Island Records sur un bateau-mouche le long de la Seine, à partir de l'hôtel Nikko où séjournaient les Wailers. Petite anecdocte : j'avais dans mes poches un joint de sensimillia jamaïcaine que m'avait donné Sidney, un Rasta de Negril qui était alors à Paris. Pendant la fête, j'ai tendu le spliff à Bob, qui a tiré dessus, a apprécié, il m'a demandé " Who gave you that ? ", et je lui ai expliqué. Par la suite, nous avons tous dansé, sur du Reggae et du Funk, avec les Wailers, et je me souviendrai toujours de Bob dansant au milieu des I Threes, en les tenant par l'épaule. Deux semaines plus tard, je partais pour mon premier voyage en Jamaïque. Quelque temps après, c'est là-bas que j'appris que Bob était malade, et il devait décéder en mai 81.

Gérard JAULHAC (West AFREEKA) : Une des soirées inoubliables de ma vie professionnelle de DJ : c’est Polygram (sur injonction de Chris Blackwell au dernier moment) qui a décidé de l’organiser et a refilé direct le bébé de l’organisation à son service promo « club & radio ». Ces gens-là étaient à des milliers de km du Reggae et de son monde, mais ils connaissaient parfaitement tous les DJs de la place et notamment ceux du « triangle d’or » aux Champs Elysées fréquentés par les artistes et tous les mondains, bref « the place to be », je faisais partie de ces quelques DJs avec Léo du Keur Samba, Frankie du 78 etc.. Pour ma part ayant bossé à l’Aventure, Elysée-Matignon et surtout étant à l’époque résident au Club François 1er durant 2 ans , j’avais la réputation de casser les oreilles à tout le monde avec mon Reggae dans ces club généralistes, et j’étais depuis l’ouverture un des meilleurs clients de José et Didi à la galerie des Champs (Point Show) où je passais chaque jour voir les nouveaux arrivages.
Bref Polygram aurait pu trouver encore bien plus pointu que moi sur le Reggae comme Jean ou José, mais ils n’étaient pas des DJs proprement dits et s’ils étaient bien plus férus que moi sur le Reggae, mais il n’avaient pas la pointure nécessaire pour en sortir et naviguer dans le funk etc… Moi en revanche je l’avais, ce qui correspondait à la demande de Chris Blackwell, car cette soirée était « pour Marley » et surtout pas une soirée « Marley ». D’ailleurs je n’ai pas joué un seul titre de lui, mais ai fait naviguer ma playlist dans du bon gros son Funk, Reggae, Afrique.
Une fois le deal négocié avec Polygram, (1500 fr de cachet, j’aurais accepté gratis en fait tellement j’étais excité !) j’ai eu l’accès à tous les LPs dont j’avais besoin (je leur ai dépouillé les armoires de 250 vinyls que j’avais besoin de renouveler ou que je n’avais pas hahahaha je me suis régalé ) + carte blanche pour gérer la sono sur la péniche et louer le matos qui me convenait ( je leur en ai collé pour 15 000 fr de location de l’époque ). Du coup j’ai pu faire comme je voulais, 3 jours de taf et d’aller et retour entre la péniche , les loueurs de matos et Polygram
3 jours de bonheur intense que je n’oublierai jamais de ma vie !
Et pour l’anecdote, je n’avais pas à l’époque le permis, j’ai donc branché un de mes meilleurs potes pour m’accompagner, Daniel Sibony un photographe de grand talent reconnu de nos jours , et bien la cerise sur le gâteau le mec a oublié ses appareils photo ce soir là, encore aujourd’hui je n’arrive pas à y croire et quand je le lui rappelle il a une migraine direct !!
Ce soir-là, à la fin du premier tour de bateau-mouche, nous sommes revenus au pied de l’hôtel Nikko vers 3h, la soirée était censée être finie, tous les VIP et journalistes sont descendus faire photo sur le quai avec Bob et la smala jamaïcaine, mais ensuite Bob a voulu refaire un tour et une fois tous les VIP partis, nous sommes remontés à bord pour un second tour en très petit comité qui a duré jusqu’à 6h , truc de fou j’ai pas eu le temps de fumer un spliff avec lui mais j’étais déjà chargé à bloc avec une poignée de sensi que m’avais déposée Tyrone Downie sur la table de mixage dès le départ de soirée, je me revois à 5h du mat seul sur la piste de danse du bateau en train de danser juste Bob et moi sur « Lady » de Fela . Grand kif de ma vie ! Donc seul souvenir pour moi à ce jour c’est la dédicace de Bob que je lui ai demandée à 6h du mat en quittant le bateau, « à Gérard Rasta » sur mon album « Rastaman Vibration »

Aziz et Hugh Mundell

Aziz, qui fit tourner les Gladiators au Maroc, et Albert Griffiths. 

Si dans ces années-là, le grand public connaissait le Reggae à travers Bob Marley, Peter Tosh ou Third World, c'est grâce au phénomène des radios libres que les nombreux autres artistes jamaïcains ont pu être diffusés : dès 1978, Patrick Leygonie dit Patrick Reggae passait sur Radio Ivre (Radio Irie), qui était encore pirate des nuits entières de Reggae ! Un peu plus tard, vers 1981, quand les radios furent autorisées, c'est toute une équipe qui s'est formée autour de lui : le TROP'IVRE Gang avec Papa GIDEON, General BURNING,  Jean COTTON qui écrivait dans "Jazz Hot", Jean-Bernard SOHIEZ, FANNY, GUILLAUME 'I MAN DREAD', Frédéric VOISIN et LUC (Le Front du Froid), Hélène LEE, Jacky KNAFO, GENEVIEVE, Ras PAUL, FLUOMAN. Résultat : tous les jours, au moins 2 h de Reggae. (VOIR LA GRILLE DES PROGRAMMES). C'est Trop'Ivre qui organisa en 82 des sound systems à l'Opéra Night, grande boîte aujourd'hui disparue du quartier de l'Opéra.

En même temps que les concerts reggae commencèrent à se généraliser en France, certains musiciens et chanteurs jamaïcains firent des séjours prolongés ici, pas toujours de leur plein gré, mais parfois pour toucher l'argent qui leur était dû. Ce fut par exemple le cas de U Roy, qui est resté plusieurs mois à Paris en 1981-82 et qui fut notre invité à plusieurs reprises sur Radio Ivre.


U Roy

Malgré la disparition de Radio Ivre, qui fut absorbée par Nova en 1982 et qui y perdit son âme, le Reggae continua sur les ondes : sur Gilda avec Tchaly Tchan, sur Radio 7 avec Larsen puis Sidney, sur la Voix du Lézard (devenue maintenant Skyrock), sur ABC avec Jean Cotton, sur Aligre avec l'émission 'I and I music' fondée par Hélène et Pascal, à laquelle participèrent au fil des années General Burning, Lord Zeljko, Fabrice (Frenchie), Daniel, Manuman et Peter puis à nouveau Daniel avec 'Reggaematic' le samedi à 21h sur 93.1. Egalement sur Libertaire, 'Sounds and Vibes' avec Lord Zeljko et Poupa Eric, Bunny Dread sur 98.8 (pour moi, le meilleur animateur d'émissions Reggae), sur Tropic FM avec Fred (décédé depuis), Richard Soudana, Florent Droguet et Laurent Pfeiffer, puis Singui qui fonda le Reggae Club International et organisa plusieurs concerts et soirées, sur Nova avec Lord Zeljko (Ragga), Awal et DJ Clyde, plus 'Roots', sur Fréquence Plurielle, etc...

[1983, France] Radio Frequence libre (Radio Ghetto) - Emission Reggae "Get up stand up"
Radio Afrique - Papa (Pupa) Daniel - 80's French Reggae fondation Radio Show - Merci à Sidney Etincelle

En 1982, ouvrit la boutique "Blue Moon", tenue par Fanny et Marie, d'abord rue Sauffroy dans le 17ème, puis boulevard St Germain, où Jean Cotton les rejoignit, rue Pierre Sarrazin et enfin rue Quincampoix dans les Halles. Blue Moon a fermé ses portes fin 2006.

LES SOUND SYSTEMS

Fin 79, un jeune DJ jamaïcain du nom de Lone Ranger débarque à Paris avec son pote Chester et quelques cartons de 45s, principalement des Studio One, car il était alors un des deejays attitrés de l'écurie Coxsone. Il y est resté 6 mois et s'est produit plusieurs fois dans des endroits comme la Maison pour Tous de Courbevoie (grâce à Patrick Leygonie de Radio Ivre qui y travaillait), et aussi à la Chapelle des Lombards où il résida pendant un mois, en janvier 80 : ce furent les premiers Sound Systems sur des dubs comme en Jamaïque, avec Chester le sélecteur et Lone Ranger au micro ! Puis, progressivement, des sound systems 'réguliers' poussèrent dans la région parisienne :

Le groupe NEG'SOWETO faisait part entière de la vague reggae dans les annees 81-83. Son lead singer se nommait I JAH MAN (pas celui de Jamaïque), qui a beaucoup apporté au developpement du reggae et du sound-system. Avec son posse NYA, il a organisé en 81-82 les premiers sound-systems dignes de ce nom à Paris au Centre Bossuet, sorte de squat près de la Gare du Nord, occupé par des Rastas comme Félix et Malika qui venaient de Marseille. I JAH MAN, singer multi-instrumentiste, singjay avant l'heure, avait vécu plus d'un an à Londres et avait comme bredren les musicos d'Aswad, Mikey Dread, Doc Alimantado, et Prince Far I dont il organisa un concert au Bataclan en 82. Il fit aussi venir au Palace le posse Coxone de London et un jour plus tard au squat de la rue de Flandre, MEMORABLE ! FEL-I était son guitariste, il y avait aussi JUDAH a la basse, JAH BENI ROOTS et ISAAC aux choeurs, KILLER (KILLAH RANKS), JAH CAN aux percus, et d'autres musiciens sélectionnés parmi la scène Reggae de l'époque.


I Jah Man

En 1983, ce furent les sounds de la Chapelle des Panoyaux, à Ménilmontant, organisés chaque mois par Didier Vacassin alias Ras Gugus et Papa Ange, avec Natty Marie, Sister Pascale et les DJs General Burning, I Man Dread, Poupa Daniel, Jah Mick, et les Dread lions : Ti M, Judah, Jah Can.

LES PANOYAUX, PRINTEMPS 1983, PREMIER SOUND PARISIEN VISIBLE
Par Didier "Ras Gugus" Vacassin

2 BD de "Papa" Ange Pieraggi sur la scène Rasta à Paris :


"Reggae party", Rock & Folk n° 217 mars 1985


"Time has come", Rock & Folk n° 224 novembre 1985



Peter Tosh

Plusieurs sound systems eurent également lieu au squat de la Rue de Flandre, appelé aussi "Corentin Cariou", du nom de la station de métro, avec les Dread Lions. Il y avait aussi un local de répétitions et un restau ital. Peter Tosh est venu rendre une visite aux frères de Corentin Cariou, pour chercher des figurants pour le clip de "Mama Africa", comme il le faisait aussi de temps à autre en Guadeloupe et en Martinique.  Le squat de la rue de Flandre fut évacué par la Police en 83,  et Jah Youth,  devenu depuis SuperJohn,  se retrouva en photo dans Libé, réveillé par l'intervention qui eut lieu au petit matin !


Sound system rue des Panoyaux, dans le XX° 
- 9 juillet 1983 - De gauche à droite : Ras Gugus, Super John, Zoumi (au second plan),  Daddy Yod (chapeau).(Collection D.Vacassin)


Jah Can


General Burning (Prince Burny) et Papa Daniel at the mike. 
Dans le fond, Ras Gugus lit sa Bible ! (photo : Marie Vaneetvelde)


General Burning et Papa Ange (photo : Marie Vaneetvelde)



LES AUTRES SOUND SYSTEMS
  • Au Parking 2000, des boxes d'un parking du 18ème, qui servaient de locaux de répétition, avec JUNIOR, Christian MOORE et Yovo M'BOUEKE. Junior est aujourd'hui le bassiste de RMI. Quant à Yovo, il a participé à un grand nombre d’Hommages à Marley avec le Groupe AZIKMEN, et les groupes Apartheid Not-Wachda-Ras Negus-Jah Ark and Adioa (83-85), a fait signer Mikey Mossman chez Barclay et a enregistré avec lui à London, mixé par Mad Prof.(86) Puis, il fut le Bassiste-co-Directeur artistique et compositeur de l’album de Tonton David Sur et certain et retrouve Tyrone Downie (ex Wailers) à New York pour participer à l’album (93)....il n'a plus quitté la France depuis. Chacun sa route la musique de film et l’album, puis la dernière collaboration avec l’album Récidiviste.(95-97) Ensuite Bassiste et réalisateur des Negs Marrons ­Mc Janik-Metal Sound-Guy ‘Al Mc et Brahim sur le Label JAMAFRICA Fondé par ce même YOVO. (95-2001)


RAS NEGUS

Ras Didier : "Je m'appelle de mon vrai nom Didier Dossou originaire du SENEGAL chanteur titulaire du groupe de reggae Ras Négus, grand ami de Muriel de Draveil, et de Fanny de Bluemoon. Parmi les premiers à travailler sur Radio Ivre ou Radio IREE. Et parmi les premiers toasters sur Paris et sur Radio Ivre. J'ai commencé à toaster à l'Emeraude au 52 rue des petites écuries grâce à Sidney qui nous donnait l'occasion de prendre le micro sur quelques versions reggae. Ensuite nous avons monté le groupe Ras NEGUS originaire de SARCELLES et nous répetions au Parking2000 avec Savane - I and I et tant d'autres comme le groupe Azikmen. Le parking 2000, Félix et Malika de Marseille toutes ces personnes étaient des proches. J'ai revu la famille Dambala et aussi Yaya Yahovi (Yaya and think) il y'a une semaine lors de mon séjour au Bénin et cela faisait une bonne trentaine d'années que nous ne nous étions plus rencontrés, nous avons discutés de ton site et de ces merveilleuses pages que tu nous offres. Je te fais parvenir la seule photo de RAS NEGUS qui me reste suite à un article du Matin magazine sur le groupe et le reggae en général. Cela aussi a fait l'objet d'un reportage de TF1 sur le reggae qui s'appelait AFRIQUE SUR SEINE. Je me retrouve sur la photo avec la guitare accroupi à droite le Képi et le sourire." (avril 2009)

  • Quai de la gare, les sounds de Piers (décédé depuis)


    General Burning & Killah Ranks au Quai de la Gare

  • A la Fondation Artaud, dans le 13ème, où se produisait régulièrement YOUTHMAN UNITY ex REALITY, avec Pablo Master, Daddy Yod, General Murphy, Mikey Mosman, SuperJohn

  • Les Sai Sai, Ramsès et Ricky

  • La péniche Rubis, près du pont de Bercy, avec les sounds 
    HIGH FIGHT (Tonton David, Daddy Nuttea, selecter Paulino) YOUTHMAN UNITY 
    JAH WISDOM, le sound de Kodjo Asher, avec Guedih Levi, Tony Gad. Kodjo a tenu ensuite un studio à l'Hopital Ephémère, et a ouvert la boutique de disques "La Petite Jamaïque" aux Puces de St Ouen.

  • Militant Observer (Iro, Ricko Dan, Ras Juda, Djiwé) qui animaient l'émission "Get up stand up" sur Frequence libre d'abord le samedi après midi puis la nuit du mercredi.

  • Le N'kwame Krumah Sound System avec Bunny Dread, Puppa Leslie, Little Danny

  • Les MELOMANES, avec Aziz et ses sélections roots cruciales. Aziz vit maintenant à Montpellier et organise des concerts et des tournées.

  • Les sounds de JR, de Jah Can,...

Puppa Leslie


Tonton David et Daddy Yod

  • On ne peut pas parler du Reggae à Paris sans citer un personnage central de cette scène : Florent "Papa Flo" Droguet (!), qui a gardé la passion et l'enthousiasme pour cette musique. Il est tombé dedans lors de son service militaire en Martinique en 1985. Dans les années 80, il commence par animer des émissions de radio à la Martinique, puis à Paris sur Media Tropical et Aligre FM. Il se lance ensuite dans l’organisation de soirées grâce à ses connexions françaises et londoniennes avec Dennis Alcapone, Bob Brooks ou encore Steve Barrow. Grâce à l’association El Paso Promotion (du nom de l’ancien sound de Dennis Alcapone en Jamaique), ils feront tourner Rico Rodriguez, Ernest Ranglin, les Skatalites, Tommy Mc Cook, Jazz Jamaica ou encore le tout jeune groupe français Jim Murple Memorial. Dans les années 90 il travaille pour Patate Records à Paris, shop reggae mais également label de réédition et de production. Il collabore au hors-série Reggae de Best, une des premières parutions reggae, ainsi qu’à divers projets du label de réédition anglais Blood & Fire, mené par Steve Barrow, en tant qu’archiviste sonore. Puis il ouvre sa boutique "Reggae Jam" à Lyon en 2000. Florent est à la tête d’une des plus impressionnantes collections Reggaes Oldies en France, et il aime la faire partager.

    A SUIVRE...

      A LIRE : Sortie en octobre 2010, "Les Pionniers du Reggae en France" rend hommage aux précurseurs qui ont favorisé l'essor du Reggae en France. Une place est bien sur réservé à l'équipe de Radio Ivre et du Sound System des Pannoyaux.

    disponible à laboutiquedesartistes.com


    The emergence of DanceHall Reggae in the 1980s in France,
    by Captain - The Beat sept 2006


    Dans le studio de Radio 7, octobre 1983. De gauche à droite : Mikey Dread, Congo Roy Ashanti, Sidney, un jeune Rasta, General Burning et Ras Gugus (photo : Marie Vaneetvelde)

    Mes albums préférés de reggae des années 70


Moi et Carole Ayayi, Negril, Jamaica, 1981 (photo Roselyne Petit)


Sam Magal, Keith et moi, Negril, Jamaica, 1981 (photo Roselyne Petit)

Negril, Jamaica, 1980 (photo Philippe Jeantet)


Gregory Isaacs et les Roots Radics, Negril, 1980 (photo Martine Simonet)

Quelques affiches rapportée de mes séjours en Jamaïque. 
Le Sound System "Jah Love", avec Brigadier Jerry écrasait tout

 

Quelques bon sites de Reggae :


Reggae Vibes de Hollande - Blood and Fire, label spécialisé dans les rééditions du reggae roots des 70s et aussi un excellent Sound System avec lequel ont tourné U Brown, Trinity, Joseph Cotton et Rankin Joe. Un grand Big Up à Steve Barrow et Dominic ! - Downbeat-special le site de Rob Chapman, grand spécialiste du label Studio One - Dancecrasher , plein de références oldies, Ska, Rock Steady, Reggae
reggaefrance.com - Natty Dread - Roots Archives - Riddim Guide pour connaître les différentes versions sur un riddim - Reggae.fr - Dancehallstyle.com, le site 80s de Captain

Sur Myspace : Christian Moore - Blood de Ras Negus - Yovo Azikmen - Pablo Master - Bunny Dread - bunnydread.over-blog.com/ - Jah Ben I - Azikmen - Jah Can - Killah Ranks

  Le DVD "Il etait une fois ... Raggamuffin" réalisé par Babacar Sy et presenté par King Daddy Yod avec des interviews d'Isaac de Neg Soweto, Kodjo Asher, Sai Sai .... trouvable à La Petite Jamaïque ou chez Patate Records