FANFAN et FABRICE C. - BERNARD B. - ROGER - PATRICK D. - JEAN-FRANCOIS - PATOUNET - NICOLE - DAPHNE - JEAN-DAVID C.
L'appartement était superbe, il y avait une véranda qui surplombait la rue et nous pouvions voir jusqu'à la place de la Concorde. Je dormais avec Fanfan dans sa chambre, et Fabrice avait une maîtresse, Frédérique, mais il ne dédaignait pas, à l'occasion, une aventure homosexuelle. Nous nous partagions aussi, lui et moi, la "grande Daphné" qui venait parfois dormir à la maison, grande baiseuse devant l'Eternel qui s'était fait tout Paris, et qui a inspiré Copi pour un de ses personnages de sa pièce "La tour de la défense". Elle n'était pas très belle de visage mais avait un corps sublime, qu'elle exhibait dans des strip-tease de province. Un jour, elle m'a dit que j'étais le "meilleur coup de Paris", ça fait toujours plaisir, surtout de la part d'une connaisseuse ! Elle travaillait alors dans un magasin de fringues de la rue de la Pompe, anciennement Mayfair à l'époque des minets, et elle m'avait donné un pull vert "Yale University" que j'ai gardé longtemps. On allait aussi à des fêtes chez Serge Kruger qui habitait à côté, rue des Lombards. Il y avait là toute la bande des branchés, entre autres Edwige, dans sa période pré-punk, belle et féminine, Bénédicte, le top model, ou bien Friquet qui avait ouvert avec son frère Florent le restau FFH rue d'Assas, où tout ce petit monde se retrouvait sans qu'on sache très bien qui y travaillait et qui était client. Alain Mamou-Mani, Maurice Najman et Daphné Defrançois,
Et puis, un jour, Fanfan prit un autre amant, mon copain Patrick, dit "Patounet", dit aussi "le Tombeur de ces dames", très beau mec mais héroïnomane, comme beaucoup à l'époque. Je continuais quand même à habiter là, à partager le lit de Fanfan et nous baisions toujours ensemble de temps en temps : en effet, Patrick n'était pas toujours très disponible, il avait d'autres fiancées à droite et à gauche, et était souvent embarqué dans des galères sans fin pour trouver de la poudre. Et puis Fanfan et moi étaient restés les meilleurs amis du monde.
À la différence d'autres clubs gay de la rue Sainte Anne comme le Bronx, ce n'était pas un ghetto et tout le monde pouvait y entrer, hommes, femmes, homos et hétéros, à condition d'avoir un tant soit peu le "look". Nous y retrouvions Jean-François, ancien voisin de Fabrice et Fanfan, qui était stewart à Air France et pédé (qui a dit "pléonasme" ?). Un soir, au Piano Bar qui se trouvait en face du Sept, Jean-François nous a présenté Hélène, une de ses collègues hôtesse de l'air, mariée, qui venait de Marseille et était de passage à Paris pour une escale prolongée. Elle était blonde, assez mignonne, tout à fait le look hôtesse, et cherchait un mec pour la nuit, mais comment faire avec tous ces pédés ? Alors elle s'est renseignée auprès de Jean-François, et sachant que j'étais hétéro et libre, l'affaire s'est conclue rapidement. Nous sommes ensuite passés de l'autre côté de la rue, au Sept où nous avons passé une bonne partie de la soirée à danser sur la fantastique musique soul pré-disco du DJ cubain Guy Cuevas. Hélène et moi avons flirté outrageusement sous les regards parfois amusés, parfois outrés de la clientèle du Sept. Puis nous avons arrangé le coup : Jean-François allait dormir rue de Rivoli et il nous prêtait son appartement dans le seizième pour qu'Hélène et moi terminions la nuit. Elle avait super envie de baiser et moi aussi, et la séance fut sauvage, torride, en écoutant la soul ultra-sensuelle de Marvin Gaye sur la chaîne de Jean-François. Le lendemain, après avoir bien baisé et rebaisé, nous prîmes le 72 pour retourner à l'appart de la rue de Rivoli. Fanfan ne manqua pas de m'interroger avec un petit sourire en coin, "alors c'était comment ?" Le soir, plusieurs amis sont venus dîner, il y avait entre autres Patounet et Roger. Cette fois, ce fut Fabrice qui embarqua Hélène dans sa chambre pour la nuit. Et le lendemain, ce fut le tour de Roger, qui tomba amoureux, ce qui était la dernière chose à faire avec une nana de ce genre ! Je continuai à habiter rue de Rivoli pendant quelques mois, puis ce fut l'été 76 qui fut si chaud et ma rencontre avec Connie, de San Francisco. Par la suite, les relations entre Fanfan et Fabrice se dégradèrent, ce genre de vie ne pouvait pas durer et ils finirent par se séparer. La dernière fois que j'ai vu Fanfan, elle habitait dans le 15ème, elle m'a invité à dîner et à passer la nuit avec elle. J'ai trouvé très belle cette "fidélité". Puis elle s'est mariée avec un médecin qu'elle avait rencontré au Club Med de Côte d'Ivoire, Gilles, et ils se sont installés dans le Sud. Il m'est arrivé de croiser Fabrice, qui était resté à Paris et revoyait souvent Daphné... |